Gemini dépasse Copilot en France : la percée silencieuse de Google sur le trafic IA
La part de Gemini dans le trafic IA français est passée de 2,51 % en 2025 à 6,30 % début 2026, soit une progression de +302 % en un an. Résultat : l'assistant de Google dépasse Microsoft Copilot et s'installe à la troisième place du marché français, derrière ChatGPT et Perplexity. C'est ce que révèle la nouvelle étude SE Ranking, menée sur 101 574 sites web entre janvier 2025 et avril 2026. Une percée discrète, sans annonce fracassante, mais qui redistribue les cartes pour tous ceux qui travaillent leur visibilité dans les réponses des IA.
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2 juillet 2026 - 9 minutes de lecture
📋 Sommaire ►
- Les chiffres clés du trafic IA en France en 2026
- Gemini : +302 % en un an, la surprise de l'étude
- Copilot : un trafic qui progresse, un classement qui recule
- Pourquoi la France résiste plus que les autres marchés
- ChatGPT, Claude, Perplexity, Mistral : le reste du classement bouge aussi
- Ce que cette percée change pour votre stratégie GEO
- Conclusion : un marché qui se concentre, des positions qui basculent
- Sources et références
- Questions fréquentes sur Gemini et le trafic IA en France
Les chiffres clés du trafic IA en France en 2026
Commençons par l'essentiel. L'étude SE Ranking, publiée le 21 juin 2026, s'appuie sur seize mois de suivi continu (janvier 2025 à avril 2026) du trafic de 101 574 sites web connectés à Google Analytics 4. Elle mesure le trafic de référence (en anglais « referral traffic », c'est-à-dire les visiteurs qui arrivent sur un site en cliquant depuis une plateforme d'IA), et non le trafic vers les plateformes elles-mêmes. Voici ce qu'elle révèle pour la France :
- Le trafic IA progresse de +29 % : la part moyenne du trafic issu des IA est passée de 0,20 % en 2025 à 0,26 % sur les quatre premiers mois de 2026. Une croissance réelle, mais inférieure à la moyenne mondiale (+36 %).
- ChatGPT domine mais recule : 77,2 % du trafic IA français en 2026, contre 80,9 % en 2025. Plus frappant encore : son trafic absolu a baissé de 18 % entre janvier et avril 2026.
- Gemini triple sa part : de 2,51 % à 6,30 % (+302 %), ce qui lui permet de dépasser Copilot et de prendre la troisième place en France.
- Claude signe la croissance la plus rapide : de 1,05 % à 3,01 % de part IA, avec un trafic absolu multiplié par 5,8 entre janvier et avril 2026.
- Le marché se concentre : en 2025, 9 plateformes généraient un trafic mesurable. En 2026, seules 5 dépassent le seuil de 0,10 % de part IA mondiale : ChatGPT, Gemini, Perplexity, Copilot et Claude.
Un chiffre pour garder les pieds sur terre : le trafic IA ne représente encore que 0,26 % du trafic internet français, contre 52,76 % pour la recherche organique en 2026. L'IA reste un canal minoritaire. Mais c'est un canal dont la structure interne bouge très vite — et c'est précisément là que se joue l'avantage du premier entrant.
Gemini : +302 % en un an, la surprise de l'étude
Un décollage daté au mois près
La progression de Gemini en France n'a rien d'un mouvement diffus. SE Ranking identifie un point de bascule précis : décembre 2025, où le trafic de Gemini a bondi de +81 % en un seul mois — à contre-courant du reste du marché, qui reculait pendant la période des fêtes. Depuis janvier 2026, la plateforme de Google s'est stabilisée entre 0,014 % et 0,017 % du trafic total français.
Cette chronologie n'est pas un hasard. Fin 2025, Google a accéléré l'intégration de Gemini partout : assistant par défaut sur Android, inclusion dans les abonnements Google Workspace, sortie de la série Gemini 3 et montée en puissance dans l'écosystème Search. Le moteur de cette croissance, c'est la distribution : Google n'a pas besoin de convaincre les utilisateurs de télécharger une nouvelle application, il place Gemini là où ils se trouvent déjà. Pour comprendre en détail les capacités du modèle, consultez notre guide complet Gemini 2026.
Un phénomène mondial… que la France freine encore
Le mouvement dépasse largement nos frontières. À l'échelle mondiale, Gemini a ravi la deuxième place à Perplexity dès janvier 2026, avec 11,66 % du trafic IA mondial en 2026 contre 4,77 % en 2025 (+231 % en absolu). Le basculement s'est produit quasi simultanément aux États-Unis, au Royaume-Uni et au niveau global — ce qui suggère un changement produit chez Google plutôt qu'une adoption régionale isolée.
Mais voici la nuance intéressante : la part de Gemini en France (6,30 %) reste presque deux fois inférieure à sa part mondiale (11,56 %). Le marché français résiste davantage à l'assistant de Google qu'ailleurs. Gemini y progresse fortement, mais part de plus loin et avance moins vite. Nous verrons pourquoi un peu plus bas.
À noter également : les données de Similarweb, qui mesurent cette fois les visites vers les plateformes d'IA elles-mêmes (et non le trafic qu'elles renvoient vers les sites), confirment la tendance à l'échelle mondiale avec un Gemini à environ 27 % de part de trafic en mai 2026, contre moins de 9 % un an plus tôt. Deux méthodologies différentes, une même direction.
Copilot : un trafic qui progresse, un classement qui recule
Le cas de Microsoft Copilot illustre parfaitement une réalité contre-intuitive des marchés en forte croissance : on peut progresser et reculer en même temps.
En valeur absolue, le trafic envoyé par Copilot vers les sites français a augmenté de +18 % en un an. Ce n'est pas un effondrement. Mais sa part relative du trafic IA français est passée de 4,20 % en 2025 à 3,72 % en 2026, et Gemini l'a doublé dans le classement. Copilot ne perd pas d'utilisateurs : il grandit simplement beaucoup moins vite qu'un marché qui, lui, explose.
Ce déclassement interroge, car Microsoft dispose en théorie d'un atout de distribution massif : Copilot est intégré nativement à Windows 11, à Edge et à la suite Microsoft 365. Mais cette intégration joue paradoxalement contre son trafic web mesurable. Copilot est utilisé à l'intérieur de Word, Excel, Teams ou Outlook, pour produire des documents et traiter des données — des usages qui ne génèrent presque aucun clic sortant vers des sites externes. À l'inverse, ChatGPT, Perplexity ou Gemini sont davantage utilisés comme des points d'entrée vers l'information, avec des réponses sourcées qui renvoient vers le web.
Pour les professionnels du référencement, la leçon est claire : la popularité d'un assistant IA en entreprise ne se traduit pas mécaniquement en trafic pour votre site. Ce qui compte pour votre visibilité, c'est la capacité d'une plateforme à citer des sources et à envoyer des clics — un mécanisme que nous décryptons dans notre article sur les citations dans les réponses IA de Google et Bing.
Pourquoi la France résiste plus que les autres marchés
C'est l'un des enseignements les plus intéressants de l'étude : la France est le marché le plus dépendant de la recherche organique de tout le panel analysé. La recherche Google classique y représente 56,40 % du trafic internet total sur la période étudiée, contre 44,70 % à l'échelle mondiale — soit environ 12 points d'écart.
Cette dépendance structurelle à Google ralentit mécaniquement l'adoption des assistants IA comme canaux d'accès à l'information. Les internautes français ont des habitudes de recherche très ancrées, et le déploiement tardif des AI Overviews (les résumés générés par IA en haut des résultats Google) dans l'Hexagone — pour des raisons juridiques liées aux droits voisins de la presse — a encore retardé la bascule des usages.
Résultat : le trafic IA français progresse (+29 % en un an), mais moins vite que la moyenne mondiale (+36 %). En 2025, la France représentait 85 % de la moyenne mondiale du trafic IA ; en 2026, ce ratio est tombé à 81 %. L'écart se creuse.
Faut-il en conclure que le GEO (Generative Engine Optimization, l'optimisation de vos contenus pour être cité par les IA génératives) peut attendre en France ? C'est exactement l'inverse. Ce retard français constitue une fenêtre d'anticipation : les entreprises qui structurent leur visibilité IA maintenant, pendant que leurs concurrents regardent ailleurs, prendront une avance difficile à rattraper quand les usages basculeront. C'est précisément l'accompagnement que propose l'agence GEO de Digital-m aux PME et entreprises françaises.
ChatGPT, Claude, Perplexity, Mistral : le reste du classement bouge aussi
ChatGPT : dominant, mais en baisse de volume
Avec 77,2 % du trafic IA français, ChatGPT reste écrasant — sa domination en France est même sans équivalent dans le panel de SE Ranking. Mais le signal faible est ailleurs : entre janvier et avril 2026, son trafic absolu est passé de 0,216 % à 0,178 % du trafic internet français, soit une baisse de 18 % en volume, pas seulement en parts relatives. La plateforme d'OpenAI ne s'effondre pas, mais elle plafonne pendant que ses concurrents accélèrent. Pour un état des lieux complet, voyez notre guide ChatGPT 2026.
Perplexity : deuxième place fragilisée
Perplexity conserve la deuxième position en France avec 8,82 % du trafic IA (contre 10,34 % en 2025). Son trafic absolu progresse légèrement (+5 %), mais son avance sur Gemini fond à vue d'œil : 2,5 points d'écart seulement. Au rythme actuel, le podium français pourrait être rebattu avant la fin de l'année 2026 — comme il l'a déjà été au niveau mondial, où Gemini a pris la deuxième place dès janvier.
Claude : la croissance la plus spectaculaire
Claude, l'assistant d'Anthropic, signe la plus forte progression du panel français : sa part IA a presque triplé (de 1,05 % à 3,01 %), et son trafic absolu a été multiplié par 5,8 entre janvier et avril 2026. L'essentiel du bond s'est concentré sur mars et avril, dans la foulée du lancement de Claude Sonnet 4.6 (devenu modèle par défaut pour tous les utilisateurs) et du Claude Partner Network. Fait notable : la croissance de Claude en France est presque deux fois supérieure à sa croissance mondiale, signe d'une adoption particulièrement marquée sur notre marché.
Mistral : l'exception française
Enfin, Mistral est le seul cas où la France se distingue du reste du monde. Le champion français de l'IA représente 0,89 % du trafic IA hexagonal — trop peu pour figurer dans le classement mondial, mais suffisant pour constituer une catégorie mesurable en France, avec un trafic en progression de +22 % sur un an. Un ancrage local modeste mais constant, que nous analysons dans notre guide complet Mistral 2026.
Quant à DeepSeek, qui avait affolé les compteurs début 2025, son trafic en France est retombé à zéro depuis septembre 2025. Grok (xAI), lui, ne génère pas de trafic mesurable dans la durée sur le marché français. Le tri est fait.
Ce que cette percée change pour votre stratégie GEO
Ces chiffres ne sont pas qu'une curiosité statistique. Ils ont des conséquences très concrètes pour quiconque veut être visible dans les réponses des IA. Voici les quatre enseignements à retenir :
- Optimiser pour une seule plateforme ne suffit plus : une stratégie GEO centrée uniquement sur ChatGPT ignorait 19 % du trafic IA français en 2025. En 2026, elle en ignore près de 23 % — et la tendance s'accélère. Gemini, Perplexity et Claude doivent entrer dans votre tableau de bord de suivi.
- Gemini impose de soigner votre SEO Google : contrairement à ChatGPT (qui s'appuie largement sur l'index de Bing), Gemini puise dans l'écosystème Google : index Search, signaux E-E-A-T, données structurées Schema.org. Être bien positionné sur Google devient une condition d'entrée pour être cité par Gemini — le SEO et le GEO convergent.
- Construisez votre baseline de visibilité IA dès maintenant : SE Ranking le souligne : les équipes qui ne mesurent pas leur visibilité IA aujourd'hui n'auront aucun historique de comparaison dans six mois. Le retard ne sera pas seulement opérationnel, il sera analytique.
- Surveillez les plateformes montantes, pas seulement les leaders : 40 à 60 % des sources citées par les IA changent chaque mois. Le classement français a été rebattu en quelques mois à peine. Une veille par plateforme, dans le temps, est devenue indispensable.
Chez Digital-m, nous intégrons ce suivi multi-plateformes (ChatGPT, Gemini, Perplexity, Claude, Mistral) dans chacun de nos accompagnements GEO. Et pour les équipes marketing qui veulent monter en compétence en interne, notre formation GEO certifiée Qualiopi couvre précisément ces méthodologies de mesure et d'optimisation.
Conclusion : un marché qui se concentre, des positions qui basculent
Le dépassement de Copilot par Gemini en France n'est pas un simple échange de places dans un classement. C'est le symptôme d'un marché qui sort de sa phase d'exploration : les 18 plateformes suivies en 2025 se sont réduites à 5 acteurs significatifs, les habitudes des utilisateurs se fixent, et la puissance de distribution de Google commence à produire ses effets — même sur un marché français plus résistant qu'ailleurs.
Pour les entreprises, le message est double. D'un côté, le trafic IA reste modeste (0,26 % du trafic français) : pas de panique. De l'autre, sa composition interne change à une vitesse inédite : ChatGPT recule en volume, Gemini double, Claude triple. Ceux qui attendent que le canal devienne « significatif » pour s'y intéresser découvriront alors que les positions sont déjà prises.
Vous voulez savoir où en est votre visibilité dans les réponses de ChatGPT, Gemini ou Perplexity ? Contactez l'équipe Digital-m pour un audit GEO de votre site.
Et vous, avez-vous constaté l'arrivée de trafic Gemini dans vos statistiques ces derniers mois ? Partagez vos observations en commentaire !Sources et références
- SE Ranking – Évolution du trafic de l'IA en France : ChatGPT, Gemini, Claude et Mistral (juin 2026)
- Similarweb – Gen AI Stats 2026: AI Visibility Trends, Data & Insights
- PPC Land – ChatGPT drops to 52.7% as Claude triples its AI traffic share (juin 2026)
- Momentic – Top Generative AI Chatbots by Market Share (juillet 2026)
- Blog du Modérateur – Les applications IA les plus populaires en France et dans le monde en 2026 (Sensor Tower)
- Anthropic – Claude Sonnet 4.6
Questions fréquentes sur Gemini et le trafic IA en France
Quelle est la part de Gemini dans le trafic IA en France en 2026 ?
Selon l'étude SE Ranking (janvier 2025 – avril 2026), Gemini représente 6,30 % du trafic IA français en 2026, contre 2,51 % en 2025, soit une progression de +302 % en un an. Cela le place en troisième position en France, derrière ChatGPT (77,2 %) et Perplexity (8,82 %), et devant Microsoft Copilot (3,72 %).
Pourquoi Gemini a-t-il dépassé Copilot en France ?
Principalement grâce à la puissance de distribution de Google : Gemini est devenu l'assistant par défaut sur Android et a été inclus dans les abonnements Google Workspace. Copilot progresse aussi (+18 % de trafic absolu en un an), mais il est surtout utilisé à l'intérieur des applications Microsoft 365, un usage qui génère très peu de clics sortants vers des sites web.
Le trafic IA représente-t-il beaucoup de visiteurs pour un site français ?
Pas encore en volume : le trafic issu des plateformes d'IA représente 0,26 % du trafic internet français en 2026, contre 52,76 % pour la recherche organique. En revanche, ce trafic croît de +29 % par an et plusieurs études montrent qu'il convertit mieux que le trafic classique, car les visiteurs arrivent avec une intention plus qualifiée.
Comment être cité par Gemini plutôt que par ses concurrents ?
Gemini s'appuie sur l'écosystème Google : un bon positionnement dans l'index Search, des signaux E-E-A-T solides (expertise, autorité, fiabilité), des données structurées Schema.org et des contenus régulièrement mis à jour. Un site bien référencé sur Google part donc avec un avantage pour être cité par Gemini. L'idéal reste une stratégie GEO multi-plateformes couvrant aussi ChatGPT, Perplexity et Claude.
Quelle est la place de Mistral dans le trafic IA français ?
Mistral représente 0,89 % du trafic IA en France sur la période étudiée, avec une progression de +22 % en un an. C'est trop peu pour figurer dans le classement mondial, mais la France est le seul marché où le champion français constitue une catégorie mesurable à part entière — un ancrage local modeste mais constant.