C'est quoi exactement un zero-click search ?

Un zero-click search (littéralement « recherche sans clic ») désigne une requête effectuée sur un moteur de recherche comme Google où l'internaute trouve sa réponse directement sur la page de résultats — la fameuse SERP (Search Engine Results Page) — sans avoir besoin de cliquer sur un lien vers un site web externe.

C'est un comportement que vous pratiquez probablement plusieurs fois par jour sans vous en rendre compte. Vous tapez « météo Nancy », « 50 dollars en euros » ou « âge de Leonardo DiCaprio » et la réponse s'affiche instantanément en haut de votre écran. Pas besoin d'aller plus loin. Google a fait le travail pour vous.

Ce phénomène n'est pas nouveau. Il existe depuis l'apparition des featured snippets (ces encadrés de réponse directe) et des knowledge panels (les fiches d'information sur la droite de l'écran) vers 2014-2015. Mais ce qui a changé, c'est son ampleur. Avec l'arrivée des résumés générés par l'intelligence artificielle — les AI Overviews de Google — le phénomène a pris une tout autre dimension.

Concrètement, les éléments de la SERP qui « captent » la réponse sans clic sont nombreux : les featured snippets, les knowledge panels, les encadrés « People Also Ask » (les questions associées), le pack local (les résultats de carte Google Maps), les convertisseurs intégrés (devises, unités), et depuis 2024, les AI Overviews qui synthétisent les informations de plusieurs sources en un seul paragraphe conversationnel.

Le résultat ? La page de résultats Google n'est plus une porte d'entrée vers le web. Elle est devenue la destination finale.

Les chiffres clés en 2026 : l'ampleur du phénomène

Pour bien comprendre l'enjeu, il faut regarder les données. Et elles sont sans appel.

Selon les études combinées de SparkToro, Semrush et Similarweb, environ 58 à 60 % des recherches Google aux États-Unis et en Europe se terminent désormais sans aucun clic vers un site externe. Ce chiffre monte à environ 77 % sur mobile, où les utilisateurs privilégient les réponses rapides et où l'espace d'affichage est plus restreint.

La progression est nette depuis 2020, où le taux de zero-click était d'environ 65 % (un pic lié à la pandémie et aux recherches informationnelles), avant de se stabiliser autour de 58-60 % en 2024-2025. Mais l'arrivée massive des AI Overviews en 2024-2025 a relancé la dynamique à la hausse. Selon plusieurs analystes, on pourrait atteindre les 70 % de recherches sans clic d'ici mi-2026.

Autre donnée frappante : lorsqu'un AI Overview s'affiche sur une requête, le taux de zero-click grimpe à environ 83 %. Autrement dit, quand Google génère un résumé IA en haut de page, seul un internaute sur cinq (environ) clique ensuite sur un lien.

Pour mettre les choses en perspective : sur 1 000 recherches effectuées aux États-Unis, seulement 360 environ génèrent un clic vers le web ouvert. En Europe, c'est à peine mieux avec 374 clics. Le reste… reste chez Google.

Pourquoi le zero-click explose : les responsables

Le zero-click search n'est pas un accident. C'est le résultat d'une stratégie délibérée de Google et de l'évolution des comportements utilisateurs. Voici les principaux facteurs.

La stratégie de Google : garder l'utilisateur sur sa plateforme

Google a un intérêt économique évident à garder les internautes sur ses pages le plus longtemps possible. Plus un utilisateur reste dans l'écosystème Google, plus Google peut collecter des données comportementales, afficher de la publicité et monétiser l'attention. Les featured snippets, les knowledge panels, les AI Overviews et bientôt les publicités intégrées aux résumés IA s'inscrivent dans cette logique.

Google a d'ailleurs annoncé lors du Google Marketing Live 2025 que les publicités dans les AI Overviews sont désormais disponibles pour les annonceurs, ce qui confirme la direction prise : transformer la page de résultats en un espace autonome et monétisable.

L'essor du mobile

En 2026, environ 71 % des recherches Google sont effectuées sur mobile. Sur un petit écran, les résultats organiques classiques (les fameux « liens bleus ») sont souvent poussés bien en dessous de la ligne de flottaison — c'est-à-dire en dessous de la partie visible sans scroller. Un AI Overview peut occuper jusqu'à 75 % de l'écran sur mobile. Les utilisateurs obtiennent leur réponse sans même voir les résultats organiques traditionnels.

La recherche vocale et les assistants IA

Avec la montée en puissance des assistants vocaux (Google Assistant, Siri, Alexa) et des plateformes de recherche conversationnelle comme ChatGPT Search, Perplexity ou Gemini, de plus en plus de requêtes sont formulées de manière naturelle et attendent une réponse unique et directe — pas une liste de dix liens bleus. Ce mode de recherche est par nature « zero-click ».

Le changement de comportement des utilisateurs

Les internautes se sont habitués à l'immédiateté. Ils s'attendent à une réponse instantanée, pas à un parcours de navigation entre plusieurs sites. C'est un cercle vertueux (ou vicieux, selon le point de vue) : Google donne des réponses directes, les utilisateurs s'y habituent, Google investit davantage dans les réponses directes.

AI Overviews : l'accélérateur principal

Les AI Overviews — que Google appelle aussi parfois SGE (Search Generative Experience) — sont des résumés générés par l'intelligence artificielle qui apparaissent en haut de la page de résultats. Ils synthétisent les informations de plusieurs sources web en un paragraphe conversationnel, accompagné de liens vers les sources citées.

Déployés auprès de tous les utilisateurs américains en mai 2024, puis étendus progressivement à d'autres marchés, les AI Overviews ont connu une expansion fulgurante. En janvier 2025, ils apparaissaient sur environ 6,5 % des requêtes. En mars 2025, ce chiffre avait doublé pour atteindre 13 %. Et la tendance ne fait que s'accélérer.

L'impact sur le trafic est considérable. Plusieurs études montrent que les taux de clics organiques chutent d'environ 58 à 61 % lorsqu'un AI Overview s'affiche, par rapport à une page de résultats classique. Pour les résultats sponsorisés (publicités), la baisse est encore plus sévère, pouvant atteindre 68 %.

Google a aussi lancé l'AI Mode — un mode de recherche entièrement conversationnel — où le taux de zero-click est encore plus extrême : environ 93 % des sessions se terminent sans aucun clic externe. Dans ce mode, les utilisateurs passent en moyenne 49 secondes à lire la réponse de l'IA, contre 21 secondes pour un AI Overview classique. Ils obtiennent ce qu'ils cherchent et s'en vont.

Il est important de noter que les AI Overviews touchent majoritairement les requêtes informationnelles. Selon une analyse de Seer Interactive, 88 % des requêtes qui déclenchent un AI Overview sont de nature informationnelle — exactement le type de contenu qui alimentait traditionnellement le trafic SEO de nombreux sites.

Quels types de requêtes sont les plus touchés ?

Toutes les recherches ne sont pas égales face au zero-click. Comprendre quelles requêtes sont les plus impactées permet d'ajuster sa stratégie.

Les requêtes informationnelles simples

Les questions qui appellent une réponse factuelle courte sont les premières victimes : définitions, conversions, dates, données chiffrées, biographies rapides. Google les traite directement avec un featured snippet ou un knowledge panel. Exemples : « capitale du Japon », « taille tour Eiffel », « date Fête des mères 2026 ».

Les requêtes locales

Les recherches de type « restaurant italien près de moi » ou « horaires pharmacie Nancy » sont souvent résolues par le pack local de Google Maps, sans que l'internaute ait besoin de visiter le site du commerce. Le numéro de téléphone, les horaires, l'adresse et les avis sont tous visibles directement dans les résultats.

Les requêtes informationnelles développées

Avec les AI Overviews, même les questions plus complexes — « comment fonctionne une pompe à chaleur », « différence entre SAS et SARL » — obtiennent désormais une réponse synthétique directement dans les résultats. C'est un changement majeur, car ces requêtes étaient traditionnellement celles qui généraient le plus de trafic vers les sites spécialisés et les blogs d'entreprise.

Les requêtes qui résistent

En revanche, certaines catégories de recherches continuent de générer des clics : les requêtes transactionnelles (l'internaute veut acheter quelque chose), les requêtes de navigation (il cherche un site précis, comme « Amazon » ou « espace client EDF ») et les recherches nécessitant une expertise approfondie (comparatifs détaillés, guides complets, avis d'experts). C'est sur ces typologies que le SEO a encore un fort potentiel.

L'impact concret sur le SEO et le trafic organique

Les conséquences du zero-click search sur les professionnels du web sont bien réelles.

Une baisse généralisée du trafic organique

Les données SparkToro montrent qu'entre mars 2024 et mars 2025, le pourcentage de recherches menant à un clic organique aux États-Unis est passé de 44,2 % à 40,3 %. En Europe et au Royaume-Uni, la tendance est similaire : de 47,1 % à 43,5 %. Ce n'est pas catastrophique en apparence, mais sur des millions de requêtes, cela représente des milliers — voire des millions — de visites perdues chaque mois pour les sites qui dépendaient du trafic informationnel.

Certains éditeurs majeurs ont été particulièrement touchés. Des sites comme HubSpot auraient perdu entre 70 et 80 % de trafic organique sur certaines catégories de mots-clés informationnels. Les sites d'actualité ne sont pas épargnés : selon Similarweb, 69 % des recherches liées à l'actualité se terminaient sans clic en mai 2025.

Le paradoxe : ranker sans recevoir de trafic

Le phénomène le plus déroutant pour les professionnels du SEO, c'est qu'il est désormais possible d'être parfaitement bien positionné — en première page, voire en position 1 — tout en voyant son trafic diminuer. L'AI Overview occupe tout l'espace visible, et même si votre contenu est cité en source, l'internaute ne ressent pas le besoin de cliquer.

Selon une étude Ahrefs de février 2026, les AI Overviews réduisent les clics de 58 % en moyenne sur les requêtes concernées. Et selon Pew Research Center, seul 1 % des utilisateurs cliquent effectivement sur un lien présent à l'intérieur d'un AI Overview.

Un changement de métriques

Le cabinet Gartner prévoit une baisse de 25 % du trafic de recherche traditionnel d'ici fin 2026 en raison des chatbots et des résumés IA. Cela oblige à repenser complètement les indicateurs de performance en SEO. Le nombre de visites et le taux de clics (CTR) ne suffisent plus. De nouvelles métriques émergent : visibilité sur la SERP, taux de citation par les IA, notoriété de marque dans les résumés générés, et part de voix (share of voice) dans les AI Overviews.

Comment adapter sa stratégie SEO au zero-click

Le zero-click search n'est pas la mort du SEO. C'est la mort du SEO qui ne s'adapte pas. Voici les axes d'adaptation concrets pour rester visible — et utile — en 2026.

Viser la citation plutôt que le clic

Le nouvel objectif n'est plus seulement d'amener l'internaute sur votre site. C'est d'être la source que Google cite dans ses résumés IA. Si votre marque apparaît dans un AI Overview comme référence, même sans clic immédiat, vous gagnez en notoriété. L'utilisateur retient votre nom, et il y a de fortes chances qu'il vous recherche ensuite directement (recherche dite « branded » ou « de marque »).

Bonne nouvelle : selon Ahrefs, les visiteurs provenant de la recherche IA convertissent 23 fois mieux que les visiteurs organiques classiques. Moins de clics, mais des clics bien plus qualifiés.

Structurer son contenu pour l'extraction IA

Les AI Overviews puisent dans des sources qu'ils jugent fiables et bien structurées. Pour maximiser vos chances d'être cité, il faut adopter les bonnes pratiques suivantes :

  • Répondre clairement à la question dès les premières lignes : l'IA cherche des paragraphes concis de 40 à 60 mots qui répondent directement à l'intention de recherche. Placez votre réponse en début de section, sous un heading H2 ou H3 qui reprend la question de l'internaute.
  • Utiliser des données originales : les moteurs IA valorisent le contenu qui apporte de l'information nouvelle — ce qu'on appelle l'« information gain » en anglais (littéralement le « gain d'information »). Si vous publiez vos propres statistiques, études de cas ou analyses, vous avez plus de chances d'être sélectionné comme source.
  • Adopter le format questions/réponses : les contenus structurés en Q&A sont parmi les plus performants pour être captés par les IA. Pensez à intégrer des FAQ avec le balisage schema.org correspondant.
  • Soigner le balisage structuré : le schema markup (FAQ, HowTo, Article) aide les moteurs de recherche et les IA à comprendre la structure de votre contenu et à l'extraire facilement.

Renforcer l'E-E-A-T de votre site

E-E-A-T signifie Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness — en français : Expérience, Expertise, Autorité, Fiabilité. Ces critères sont au cœur de ce que Google et ses IA utilisent pour décider quelles sources citer. Concrètement, cela signifie :

  • Signer vos articles : les contenus anonymes ont de moins en moins de poids. Identifiez clairement l'auteur, son expertise et son expérience terrain.
  • Citer vos sources : appuyez vos affirmations sur des données vérifiables et des études crédibles.
  • Mettre à jour régulièrement : les AI Overviews privilégient les contenus récents. Selon Seer Interactive, 85 % des citations dans les AI Overviews proviennent de contenus publiés dans les deux dernières années.

Diversifier ses canaux d'acquisition

Si le trafic organique informationnel baisse, il faut compenser en diversifiant ses sources de trafic. Voici les leviers à activer :

  • Le SEO local : les recherches locales génèrent encore des visites physiques et des appels. Optimisez votre fiche Google Business Profile et vos pages locales.
  • Les réseaux sociaux : LinkedIn, YouTube, Instagram et TikTok deviennent des canaux de découverte majeurs, notamment auprès des jeunes générations. Selon Deloitte, plus de 70 % du contenu consommé sur ces plateformes provient de flux algorithmiques, pas de la recherche Google.
  • La newsletter : elle permet de maintenir une relation directe avec votre audience, indépendamment des algorithmes. C'est un actif que vous possédez, contrairement au trafic Google.
  • Le GEO (Generative Engine Optimization) : au-delà de Google, il s'agit d'être cité par les moteurs de recherche IA comme ChatGPT, Perplexity, Claude ou Gemini. C'est une discipline émergente, distincte du SEO traditionnel, qui prend de plus en plus d'importance.

Se concentrer sur les requêtes à forte intention

Puisque les requêtes informationnelles simples sont les plus captées par le zero-click, il est stratégiquement plus rentable de se concentrer sur les requêtes transactionnelles et commerciales — celles où l'internaute a une intention d'achat ou de comparaison. Ces requêtes génèrent encore des clics et, surtout, des conversions. Par exemple : « meilleur CRM pour PME 2026 » ou « agence SEO Nancy devis » sont bien plus résistantes au zero-click que « qu'est-ce qu'un CRM ».

Le zero-click n'est pas la fin du SEO

Il serait facile de céder à la panique devant ces chiffres. Mais attention aux raccourcis. Le zero-click search ne signifie pas que le SEO est mort. Il signifie qu'il a changé de forme.

Premièrement, les gens cherchent plus que jamais. Le volume global de recherches Google continue d'augmenter. C'est la répartition des clics qui change, pas le nombre de requêtes. Il y a toujours un immense gâteau — la part qui revient aux sites web est simplement plus petite qu'avant.

Deuxièmement, la visibilité sur la SERP a une valeur en soi. Être cité dans un AI Overview, apparaître dans un featured snippet ou figurer dans le pack local renforce la notoriété de marque. Même sans clic immédiat, l'utilisateur retient votre nom. Et plusieurs études montrent que cette exposition génère ensuite des recherches de marque directes — qui, elles, convertissent très bien.

Troisièmement, les clics qui restent sont plus qualifiés. Quand un internaute fait l'effort de cliquer malgré la présence d'un AI Overview, c'est qu'il a besoin de plus de profondeur, de contexte, de confiance. C'est un visiteur engagé, qui convertit mieux.

Le SEO de 2026, c'est moins de volume, mais plus de valeur par clic. Et surtout, c'est un métier qui s'élargit : au-delà du positionnement classique, il intègre désormais la visibilité dans les résumés IA, l'optimisation pour les moteurs génératifs (GEO) et la construction d'une marque forte qui existe au-delà de Google.

Conclusion : s'adapter ou disparaître de la SERP

Le zero-click search est le défi SEO majeur de 2026. Avec près de 60 % des recherches qui ne génèrent aucun clic — et jusqu'à 83 % lorsqu'un AI Overview s'affiche —, les règles du jeu ont profondément changé. Le trafic organique tel qu'on le connaissait depuis 20 ans est en mutation.

Mais cette mutation n'est pas une condamnation. Les entreprises qui s'adaptent — en visant la citation plutôt que le clic seul, en structurant leur contenu pour les IA, en renforçant leur marque et en diversifiant leurs canaux — continueront à tirer leur épingle du jeu. Celles qui restent figées sur les métriques d'hier risquent de voir leur visibilité fondre silencieusement.

Le SEO n'est pas mort. Il est en train de devenir quelque chose de plus large, de plus stratégique, et de plus exigeant. Le zero-click search n'est qu'un symptôme d'une transformation bien plus profonde : celle d'un web où la recherche devient une conversation avec l'IA, et où être visible signifie être cité, pas seulement être classé.

Et vous, avez-vous déjà ressenti l'impact du zero-click sur votre trafic ? Comment adaptez-vous votre stratégie ? Partagez votre expérience en commentaire !