Qu'est-ce qu'une redirection 301 ?

Une redirection 301 est une instruction envoyée par votre serveur qui indique qu'une adresse a définitivement changé et que la nouvelle adresse doit la remplacer. Le code 301 signifie « moved permanently » en langage HTTP. L'internaute arrive directement sur la nouvelle page sans rien remarquer, et le moteur de recherche, lui, enregistre le changement.

Google est explicite sur son traitement : la redirection 301 est utilisée comme un signal fort indiquant que l'URL de destination doit devenir la version canonique, c'est-à-dire la version officielle à afficher dans les résultats. L'ancienne adresse devient alors un simple nom alternatif.

Autre précision utile et souvent ignorée : tout contenu renvoyé par l'URL qui redirige est ignoré par Google. Seul le contenu de la destination finale est traité. Inutile donc de soigner une page de redirection, personne ne la lira.

301 ou 302 : ce que Google fait de chaque code

La différence tient en deux mots, issus de la documentation de Google : strong signal pour la 301, weak signal pour la 302. Avec une redirection permanente, le pipeline d'indexation retient la destination comme canonique. Avec une redirection temporaire, il ne le fait pas, et la page source reste affichée dans les résultats.

Concrètement, si vous utilisez une 302 pour un changement d'URL définitif, Google continuera d'afficher l'ancienne adresse dans ses résultats, potentiellement pendant des mois. C'est l'erreur la plus fréquente que nous rencontrons sur les sites e-commerce, où les modules de redirection sont souvent configurés en temporaire par défaut.

Bonne nouvelle pour le capital de liens : Google affirme noir sur blanc que les redirections permanentes ne causent pas de perte de PageRank. La vieille légende des 15 % de jus perdu à chaque saut n'a plus de fondement dans la documentation actuelle. Elle reste vraie dans un cas : si la redirection n'est jamais suivie, rien n'est transmis du tout.

COMPRENDRE LE SEO · NOVEMBRE 2026

Ce que Google fait vraiment de chaque redirection

  • 10 sauts de redirection suivis par défaut par les robots de Google
  • 301 · 308 les deux codes serveur traités comme signal fort de canonicalisation
  • 0 s le délai maximal d'un meta refresh pour être lu comme permanent

Signal fort : la destination devient canonique

  • 301 moved permanently
  • 308 moved permanently
  • meta refresh à 0 seconde
  • HTTP refresh à 0 seconde
  • redirection JavaScript

Signal faible : la source reste affichée

  • 302 found
  • 303 see other
  • 307 temporary redirect
  • meta refresh différé
  • lien « nous avons déménagé »

À retenir : Google classe les redirections par fiabilité d'interprétation, et la redirection côté serveur arrive en tête, devant le meta refresh puis le JavaScript. Pour un changement d'URL définitif, une 301 posée au niveau du serveur reste le seul choix qui ne laisse aucune ambiguïté au moteur.

Télécharger l'infographie (PNG)

Sources : Google Search Central, Google Crawling Docs. Infographie Digital-m, novembre 2026. digital-m.fr

Les huit types de redirection reconnus par Google

Google documente huit façons de rediriger une URL, réparties en deux familles : permanentes et temporaires. Voici le tableau de correspondance complet, avec le traitement officiel de chacune.

MéthodeFamilleSignal de canonicalisationQuand l'utiliser
301 côté serveurPermanenteFortChangement d'URL définitif, migration, fusion de pages
308 côté serveurPermanenteFort, équivalent au 301Même usage, en conservant la méthode HTTP d'origine
302 côté serveurTemporaireFaiblePage indisponible quelques jours, test A/B, maintenance
303 côté serveurTemporaireFaibleAprès l'envoi d'un formulaire, pour éviter le double envoi
307 côté serveurTemporaireFaible, équivalent au 302Même usage que la 302, en conservant la méthode HTTP
meta refresh à 0 secondePermanenteFortUniquement si vous n'avez pas la main sur le serveur
meta refresh différéTemporaireFaibleÀ éviter, y compris pour une page d'attente
Redirection JavaScriptPermanenteFort, mais dépend du renduEn dernier recours seulement

Google ajoute une nuance que beaucoup d'intégrateurs oublient : même si le moteur traite le 307 comme un 302 et le 308 comme un 301, ces codes restent sémantiquement différents. Utilisez celui qui correspond réellement à votre situation, pour que les autres clients, autres moteurs de recherche et liseuses compris, en profitent aussi.

Le cas particulier du JavaScript

Une redirection écrite en JavaScript n'est vue qu'après le rendu de la page par le service de rendu web de Google. Or ce rendu peut échouer, et Google prévient alors que la redirection risque de ne jamais être vue. C'est le même angle mort que celui décrit dans notre article sur le SEO des sites en JavaScript, avec un risque supplémentaire : les robots des moteurs génératifs n'exécutent pas de JavaScript du tout.

Les trois erreurs qui coûtent du trafic

Trois configurations reviennent systématiquement dans les audits et font perdre des positions sans alerte visible. Les voici, avec leur correction.

  • La chaîne de redirection : l'ancienne URL pointe vers une deuxième, qui pointe vers une troisième. Les robots de Google suivent 10 sauts par défaut, mais chaque saut ajoute une requête et du délai. La correction consiste à réécrire chaque règle pour viser directement la destination finale.
  • La boucle de redirection : A renvoie vers B qui renvoie vers A. La page devient inaccessible aux visiteurs comme aux robots. Elle survient presque toujours lors d'un changement de protocole mal combiné avec une règle de domaine.
  • La redirection massive vers l'accueil : rediriger 400 pages supprimées vers la page d'accueil est le réflexe le plus courant et le plus contre-productif. Sans correspondance thématique, Google considère ces URL comme des pages d'erreur déguisées et le signal se perd.

Ces trois cas gaspillent aussi des ressources d'exploration. Si le sujet vous concerne, notre article sur le budget de crawl explique comment Google choisit les pages qu'il explore et pourquoi les redirections inutiles pèsent sur ce budget.

Combien de temps Google met-il à traiter vos redirections ?

Pour un site de taille moyenne, Google annonce qu'il peut falloir plusieurs semaines ou davantage avant que les nouvelles URL remplacent les anciennes dans les résultats, et plus longtemps encore pour les gros sites. La vitesse dépend du nombre d'URL concernées et de la rapidité de votre serveur.

Pour que la migration soit réellement terminée, Google doit avoir visité au moins une fois chaque URL de l'ancien et du nouveau site. Il n'existe pas de fréquence de crawl fixe. Attendez-vous aussi à un pic d'activité : Google explore temporairement le nouveau site plus intensément que d'habitude juste après le changement.

Sur la durée de conservation des redirections, soyons précis : la documentation de Google sur les déménagements d'URL ne donne pas de durée chiffrée que nous ayons pu vérifier. Notre pratique chez Digital-m, et celle de la plupart des agences, consiste à maintenir les règles au minimum douze mois, et idéalement à ne jamais les supprimer tant que des liens externes pointent vers les anciennes adresses. C'est une recommandation de terrain, pas une consigne de Google.

301, 404 ou 410 : comment choisir pour une page supprimée

Toutes les pages supprimées ne méritent pas une redirection. La règle de décision est simple : redirigez seulement s'il existe une page équivalente qui répond à la même intention. Sinon, laissez la page renvoyer une erreur propre.

  • Produit remplacé par un modèle équivalent : redirection 301 vers le nouveau produit.
  • Produit définitivement abandonné, sans équivalent : code 404 ou 410, et un lien vers la catégorie depuis la page d'erreur.
  • Page temporairement retirée : code 302, le temps du retrait.
  • Deux articles qui se font concurrence : fusion du contenu puis 301 du plus faible vers le plus fort.

Google traite tous les codes 4xx de la même manière, à l'exception du 429, et retire de l'index les URL déjà indexées qui renvoient une erreur. Ce n'est ni une pénalité ni un signal négatif, comme nous l'avons documenté dans notre article sur les erreurs 404 et le SEO. Pour les pages non migrées lors d'un déménagement, Google demande d'ailleurs explicitement de renvoyer un 404 ou un 410 sur le nouveau site.

Redirection ou balise canonique ?

La redirection déplace réellement le visiteur, la balise canonique se contente d'indiquer une préférence au moteur sans rien changer pour l'internaute. Utilisez la redirection quand l'ancienne page ne doit plus exister, et la balise canonique quand deux URL doivent rester accessibles mais qu'une seule doit être indexée. Notre article sur le contenu dupliqué et la balise canonical détaille ce partage des rôles.

Redirections et visibilité dans les IA : ce qu'on sait

Les robots des moteurs génératifs, GPTBot pour ChatGPT, ClaudeBot, PerplexityBot ou Google-Extended, sont des clients HTTP standards : ils suivent les redirections comme n'importe quel navigateur. Une 301 correctement posée les conduit donc bien vers votre nouvelle page.

En revanche, une précision honnête s'impose : à notre connaissance, aucun éditeur de modèle n'a publié de documentation officielle sur la façon dont ses systèmes traitent une redirection au moment de la citation, ni sur le délai de mise à jour d'une URL déjà mémorisée. Les affirmations chiffrées qui circulent sur ce point ne reposent sur aucune source vérifiable, et nous nous garderons d'en inventer.

Ce qui est certain, c'est que les citations déjà acquises pointent vers vos anciennes URL. Les laisser répondre en 404 revient à casser des liens vivants dans les réponses d'IA. Sur les refontes que nous pilotons chez Digital-m, le plan de redirection se construit désormais avant la maquette, et nous y intégrons les URL repérées comme citées par les moteurs génératifs. Notre article sur la refonte de site sans perte de SEO détaille cette méthode projet par projet.

Ce qu'il faut retenir

Une redirection 301 est un signal fort de canonicalisation, une 302 un signal faible : c'est la seule distinction à mémoriser pour éviter 90 % des erreurs. Le 308 équivaut au 301 et le 307 au 302, mais Google demande d'utiliser le code sémantiquement juste. Le meta refresh à 0 seconde est lu comme permanent, le meta refresh différé comme temporaire, et la redirection JavaScript reste un dernier recours parce que le rendu peut échouer.

Trois réflexes à appliquer dès aujourd'hui. Vérifiez que vos règles visent directement la destination finale, sans chaîne intermédiaire, les robots de Google ne suivant que 10 sauts par défaut. Ne redirigez que vers une page qui répond à la même intention, sinon laissez un 404 ou un 410 propre. Et prévoyez plusieurs semaines avant que les nouvelles URL remplacent les anciennes dans les résultats.

Une refonte ou une migration arrive bientôt ? Faites relire votre plan de redirection avant la mise en ligne plutôt qu'après la chute de trafic : notre équipe propose un audit technique de migration, et nos formations certifiées Qualiopi couvrent ces fondamentaux pour les équipes internes qui veulent gagner en autonomie.

Avez-vous déjà perdu du trafic après une migration, et aviez-vous identifié la redirection fautive ? Dites-le nous en commentaire !